Act One, Scene 4

John-Marshall-Dining-Room

Dining room of The John Marshall House in Richmond, Virginia,
built in 1790 by John Marshall, later Chief Justice of the U.S. Supreme Court

This is the fourth scene of my play, A Sword Unsheathed, originally written in French and translated into English for publication on the blog. If you haven’t yet read the first scene, you can find it here. You can find all the scenes published so far on this page. The original French version of this scene is found at the end of the post. (Read in French.) Please read the historical note here.

Voici la quatrième scène de ma pièce, Un sabre dégainé, écrite à l’origine en français et traduite en anglais pour publication sur ce blog. Si vous n’avez pas encore lu la première scène, vous pouvez la trouver ici. Vous pouvez trouver toutes les scènes déjà publiées sur cette page. La version originale en français de cette scène se trouve à la fin de l’article. (Lire en français.) Veuillez lire ici la note historique.

SCENE 4
(Read the previous scene.)

The Characters

BENJAMIN HUGER, plantation owner, about 35 years old
FRANCIS HUGER, his son, about 7 years old
ALICE, Francis’s cousin, about 16 years old
GILBERT DU MOTIER, the Marquis de Lafayette, about 19 years old

The dining room of the house. The same evening. Everyone is seated around a large table, dining, Gilbert in the center, Benjamin to the left, Alice to the right, Francis between Gilbert and Alice. Dishes are spread all along the table. A candelabra. Wine.

GILBERT: … and then, I finally met Mr. Deane in Paris in December. It is thanks to him that I have the pleasure of spending this evening with you.

BENJAMIN: Ah yes, our ambassador to the court of your king is a gentleman gifted in diplomacy. I’ve never met him, but his reputation precedes him.

GILBERT: He represents your people with both the wisdom of a grand vizier and the passion of young revolutionary.

BENJAMIN: He nevertheless has an enormous task at the moment, does he not? It seems that His Majesty is not yet ready to provide us with all that we need to defeat the British.

GILBERT: It is true that His Majesty is not yet convinced of your cause, but I believe that he will be. Unfortunately, he does not act with the speed one would like. In the meantime, we will continue the struggle and hope that the Crown’s actions will become … (He takes a bite.) … less ambiguous. (He lifts his glass.) That the King will soon see the justice of your cause.

BENJAMIN (adds): … of our cause.

GILBERT (nods): Yes, of our cause!

(Everyone raises his glass to the toast. Cheers.)

ALICE (after a short pause): Monsieur le Marquis, um, excuse me … Gilbert … what is your opinion of our chance of success? We have been fighting now for more than two years and the end is nowhere in sight. (She lowers her eyes.) And there have already been so many deaths.

GILBERT: I have every confidence in America, mademoiselle. It is true that the King of England is at the head of the largest army in the world. It is true that he has a bottomless treasury, as well as the means to manufacture armaments that do not even exist in America, but his soldiers do not fight for the rights of Man. That will make a great difference in this epic battle between Tyranny and Liberty. (a short pause) And the British do not have a General Washington. (He smiles.) And that will also make a great difference in this battle, I assure you. (a short pause) I am anxious to meet him upon my arrival in Philadelphia.

BENJAMIN: You are right, Gilbert. Soldiers such as General Washington are rare. By the way, are all thankful for the aid that you bring us, and I am certain that the General and Congress will welcome you warmly.  Moreover, once you have seen the capability of our army and our militias, and the passion with which our soldiers fight for the liberty of our country, you will be able to testify to those facts at the king’s court. That will do much to move His Majesty to our side.

FRANCIS: Papa was once in the army, sir.

GILBERT: Yes, I knew that, Francis. Your father was decorated for valor in combat, if I’m not mistaken.

BENJAMIN: That’s correct. I was a captain during that war that you, the French, call “the Seven Years’ War” or the “the War of the Conquest.” Here, though, we named it for you and for our native neighbors: “the French and Indian War.” It was a bloody affair.

GILBERT: But you no longer wear a uniform, Benjamin?

BENJAMIN: No. I once wore the uniform of my country, which … is no longer my country, it seems. It’s a reality that has been difficult to accept  these last two years. Today, well … precisely, Gilbert, I no wear uniform: neither red, nor blue. (He hesitates.)  For the moment …

GILBERT: I well understand your position, Benjamin. But, in my opinion, the time will come. The time always comes, does it not?

FRANCIS (worried): But … you’re not going to war, Papa ?

BENJAMIN. No, no. Don’t worry, son. I’m going to stay here a tranquil planter for as long as they let me. Anyway, you need me, right? I could never leave you, not even to fight the mean “Brit’nish.” (He smiles at Francis, looks at Gilbert.) Evidently, I know not how much time I have left, but I have every intention to remain with my family for a long time …. (He looks at Alice and again at Francis.) … for as long as possible.

(Continue to the next scene.)

*     *     *

SCÈNE 4
(Lire la scène précédente.)

Les Personnages

BENJAMIN HUGER, propriétaire d’une plantation, âgé d’environ 35 ans
FRANCIS HUGER, son fils, âgé d’environ 7 years old
ALICE, la cousine de Francis, âgée d’environ 16 ans
GILBERT DU MOTIER, le Marquis de Lafayette, âgé d’environ 19 ans

La salle à manger de la maison. Le soir même. Tout le monde est assis autour d’une grande table en dînant, Gilbert au centre, Benjamin à gauche, Alice à droite, Francis entre Gilbert et Alice. Des plats sont étalés le long de la table. Une chandelle. Du vin. 

GILBERT. … et puis, j’ai enfin rencontré Monsieur Deane à Paris en décembre. C’est grâce à lui que j’ai le plaisir de passer cette soirée chez vous.

BENJAMIN. Ah, oui, notre ambassadeur auprès de votre roi est un gentilhomme doué en diplomatie. Je ne l’ai pas encore rencontré mais sa réputation le précède.

GILBERT. Il représente votre peuple avec à la fois la sagesse d’un grand vizir et la passion d’un jeune révolutionnaire.

BENJAMIN. Il a néanmoins un travail énorme en ce moment, n’est-ce pas ? Il me semble que Sa Majesté n’est pas encore prête à nous accorder tout ce qu’il nous faut pour vaincre les Britanniques.

GILBERT. Certes, Sa Majesté n’est pas encore convaincue de votre cause, mais je crois qu’elle le sera. Elle n’agit pas avec la vitesse que l’on voudrait, malheureusement. Entre temps, on continue à se battre et à espérer des actes de la part de la Couronne … (Il prend une bouchée.) … moins ambigus. (Il lève son verre.) Que le Roi voie bientôt la justesse de votre cause.

BENJAMIN (ajoute) … de notre cause.

GILBERT (hoche la tête). Oui, de notre cause !

(Tout le monde lève son verre et trinque. Des acclamations.)

ALICE. Monsieur le Marquis, euh, excusez-moi … Gilbert … quel est votre avis sur nos chances de réussite ? On se bat maintenant depuis plus de deux ans et la fin n’est nulle part en vue. (Elle baisse les yeux.) Et il y a déjà tant de morts.

GILBERT. J’ai toute confiance en l’Amérique, mademoiselle. Il est vrai que le roi d’Angleterre est à la tête de la plus vaste armée du monde. Il est vrai qu’il a un trésor sans fond, ainsi que les moyens pour fabriquer des armes qui n’existent point en Amérique, mais ses soldats ne se battent pas pour les droits de l’Homme. Cela fera une grande différence dans cette bataille mythique entre la Tyrannie et la Liberté.  (une courte pause) Et les Britanniques n’ont pas un Général Washington. (Il sourit.) Cela fera aussi une grande différence dans cette bataille, je vous l’assure. (une courte pause) J’ai hâte de le rencontrer lors de mon arrivée à Philadelphie.

BENJAMIN. Vous avez raison, Gilbert. Les militaires tel que le Général Washington sont rares. D’ailleurs, nous sommes tous reconnaissants de l’aide que vous nous apportez, et je suis certain que le Général et le Congrès vous accueilleront chaleureusement. En outre, quand vous aurez vu la capacité de notre armée, nos milices, et la passion avec laquelle nos soldats se battent pour la liberté de notre pays, vous pourrez en témoigner auprès de la Cour. Cela fera tellement afin de mouvoir Sa Majesté à nos côtés.

FRANCIS. Papa était jadis dans l’armée, Monsieur.

GILBERT. Oui, je l’ai su, Francis. Ton père a été décoré pour valeur au combat, si je ne me trompe pas.

BENJAMIN. Vous avez raison. J’étais un capitaine pendant cette guerre que vous appelez en France « la guerre de sept ans » ou « la guerre de la conquête ». Ici, en revanche, on l’a baptisée pour vous et nos voisins aborigènes : « la guerre contre les Français et les Indiens ». C’était une affaire sanglante.

GILBERT. Mais vous ne portez plus d’uniforme, Benjamin ?

BENJAMIN. Non. J’ai porté jadis l’uniforme de l’armée de mon pays  qui … n’est plus  mon pays, il paraît. C’est une réalité qui a été difficile à affronter ces deux dernières années. De nos jours, alors … justement, Gilbert, je ne porte pas d’uniforme : ni rouge, ni bleu. (Il hésite.) Pas pour le moment …

GILBERT. Je comprends bien votre position, Benjamin. Mais, à mon avis, le moment arrivera. Le moment arrive toujours, n’est-ce pas ?

FRANCIS (inquiet)Mais … tu ne vas pas en guerre, Papa ?

BENJAMIN. Non, non. Ne t’inquiète pas, fiston. Je reste ici en tranquille agriculteur aussi longtemps que l’on me laisse le faire. D’ailleurs, tu as besoin de moi, hein ? Je ne pourrais pas te quitter, même pour me battre contre les méchants « Brit’niques », hein ? (Il sourit à Francis, regarde Gilbert.) Évidemment, je ne sais pas combien de temps il me reste, mais j’ai toute intention de rester longtemps auprès de ma famille … (Il regarde Alice et encore Francis.) … pour aussi longtemps que possible.

(Lire la suite.)

© 2013 Samuel Michael Bell, all rights reserved, tous droits réservés

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