Act One, Scene 5

Screen Shot 2013-06-14 at 1.00.23 PM

This is the fifth scene of my play, A Sword Unsheathed, originally written in French and translated into English for publication on the blog. If you haven’t yet read the first scene, you can find it here. You can find all the scenes published so far on this page. The original French version of this scene is found at the end of the post. (Read in French.) Please read the historical note here.

Voici la cinquième scène de ma pièce, Un sabre dégainé, écrite à l’origine en français et traduite en anglais pour publication sur ce blog. Si vous n’avez pas encore lu la première scène, vous pouvez la trouver ici. Vous pouvez trouver toutes les scènes déjà publiées sur cette page. La version originale en français de cette scène se trouve à la fin de l’article. (Lire en français.) Veuillez lire ici la note historique.

SCENE 5
(Read the previous scene.)

The Characters

FRANCIS HUGER, about 7 years old
NATHANIEL HUGER, his brother, about 16 years old

The same evening. Francis’s bedroom: a bed stage left, two windows through which we see moonlight, the shadows of trees draped with Spanish moss. A lighted candlestick is on the nightstand beside the bed. Francis is sleeping. A soft, golden light illuminates the bed.

NATHANIEL (whispering offstage, stage right):  Francis … Francis …

(Francis stirs, moans quietly.)

NATHANIEL (enters stage right, illuminated by a cool, white light): Francis … little brother …

FRANCIS (awakens, sits up in bed, rubs his eyes): Nathaniel?

NATHANIEL: Yes, little brother. It’s me.

FRANCIS (murmuring): I waited for you, Nathaniel, but they told me you were never coming back … ever again.

NATHANIEL (quietly): I know.

FRANCIS: But why did you wait so long? It’s been such a long time now, Nathaniel. (short pause) And you promised Papa you’d come back for Christmas.

NATHANIEL: I couldn’t do it, and the way back is so long. (A short pause. Nathaniel approaches the bed.) You know that, Francis. Don’t you?

FRANCIS: Yes … yes, I know it. It’s just that I missed you so much. (a short pause) I still miss you.

NATHANIEL (sits on the bed at Francis’s feet): But I’m here now.

FRANCIS (looks out the window): For the moment …

NATHANIEL (nods his head): For the moment.

(a long pause)

FRANCIS (looks again at Nathaniel): Was it cold that day?

NATHANIEL: Yes. Very.

FRANCIS (looking again out the window, a short pause): I wanted to come with you, Nathaniel … when you left. I wanted to protect you. If I’d been there …

NATHANIEL (shaking his head slowly, looks at Francis): It wasn’t time for that, brother. (short pause) But the time will come. And you’ll know it when it comes.

(a very long pause)

FRANCIS (looking again at Nathaniel): Did you see the marquis, Nathaniel? He was really interesting. (chuckling) He told us a story tonight. It was so funny! (with renewed exuberance and exaggerated gestures) He wore a dress, Nathaniel! A dress, so he could escape from the bad men. Can you imagine? (Francis laughs again and gets out of bed. Speaking to Nathaniel, who stays seated on the bed, he faces the audience.) He dressed up like a women to get in his ship, because the bad men were searching for him everywhere. If not, they would have thrown him in prison. That was in France, you see. Because the king there didn’t want him to leave and come here. Oh, because he’s French, the marquis. (He turns toward Nathaniel.) French like us, but … (a short pause) … but not exactly like us, because it’s strange, the way he talks. I don’t know, maybe that’s how the people talk in France. What do you think, Nathaniel?

NATHANIEL (smiles and chuckles lightly): I don’t know, brother.

FRANCIS (climbs onto the bed and looks at Nathaniel, who listens attentively): He left France and crossed the wide ocean for weeks and weeks, he told us. It wasn’t easy: there were ships chasing him — Brit’nish ones. Because, you see, both the king in France AND the king in England didn’t want him to be in America. (a short pause) I don’t really understand why, but he’s rather important, you see. Well, he finally got here, but in a little boat from his ship. The Brit’nish had chased him all the way to the coast, you see, so he left the ship in the night, and he landed on the beach all alone. But his ship full of molasses went to Georgetown and that’s all the Brit’nish found there: molasses. (He laughs and Nathaniel chuckles.) I thought he’d be older. I mean, if he’s so important that TWO kings are angry with him, he ought to be old like Papa, right? But, in fact, he’s young … really young … young like you. (Francis abruptly stops speaking and looks out the window. A long pause.) I’m sorry, Nathaniel. I wanted to help you … I wanted … (He starts to cry softly.) I should’ve … I …

NATHANIEL: Sh, sh. Don’t cry, Francis. It wasn’t your fault. I made my decision. I went of my own accord. I knew what might happen, but it was time for me to do my duty.

FRANCIS (looks at Nathaniel again): But I wanted to go and protect you. If I had been there …

NATHANIEL: It wasn’t time, Francis. But the time will come. The time always comes. You’ll know when it does.

(Nathaniel gets up and starts to back away slowly.)

FRANCIS: Don’t go, Nathaniel. Please. Don’t go.

(Nathaniel smiles softly, continues to back away. The lights dim.)

NATHANIEL: It’s time, Francis. I have to go.

(The lights go out. The candle on the nightstand
and the moonlight 
from the windows provide the only lighting.)

FRANCIS: I know, brother … and you aren’t coming back … ever again.

(The candle abruptly goes out.)

(Continue to the next scene.)

*     *     *

SCENE 5
(Lire la scène précédente.)

The Characters

FRANCIS HUGER, âgé d’environ 7 ans
NATHANIEL HUGER, son frère, âgé d’environ 16 ans

Le soir même. La chambre de Francis : un lit à droite, deux fenêtres par lesquelles on voit le clair de la lune, les ombres d’arbres avec la mousse espagnole. Un cierge est allumé sur un chevet à côté du lit. Francis dort. Le lit est éclairé d’une lumière douce et dorée.

NATHANIEL (chuchote dans les coulisses à jardin). Francis … Francis …

(Francis s’agite, gémit légèrement.)

NATHANIEL (arrive de jardin, éclairé d’une lumière froide). Francis … frérot …

FRANCIS (se réveille, s’assoit dans le lit, se frotte les yeux). Nathaniel ?

NATHANIEL. Oui, petit frère. C’est moi.

FRANCIS (murmurant). Je t’attendais, Nathaniel, mais on m’a dit que tu ne revenais pas  plus jamais.

NATHANIEL. Je le sais.

FRANCIS. Mais pourquoi est-ce que tu as tant tardé ? Ça fait si longtemps maintenant, Nathaniel. (une pause) Et tu as promis à Papa de revenir à Noël.

NATHANIEL. Je n’ai pas pu le faire, et le chemin est long. (Une pause courte. Nathaniel s’approche du lit.) Tu le sais, Francis ?

FRANCIS. Oui … oui, je le sais. C’est juste que tu me manquais tellement. (une pause courte) Tu me manques toujours.

NATHANIEL (s’assoit sur le lit aux pieds de Francis). Mais je suis là maintenant.

FRANCIS (regarde par les fenêtres). Pour le moment …

NATHANIEL (hoche la tête). Pour le moment.

(une longue pause)

FRANCIS (regarde Nathaniel de nouveau). Il faisait froid, ce jour-là ?

NATHANIEL. Oui. Tellement.

FRANCIS (regarde par la fenêtre, une courte pause). Je voulais aller avec toi, Nathaniel … quand tu es parti. Je voulais te protéger. Si j’avais été là …

NATHANIEL (secoue la tête lentement, en regardant Francis). Ce n’était pas le moment pour ça, mon frère. (une pause) Mais le moment arrivera. Le moment arrive toujours. Et tu le sauras quand il arrive.

(une très longue pause)

FRANCIS. Est-ce que tu as vu le marquis, Nathaniel ? (Nathaniel hoche la tête.) Il est vraiment intéressant. (Francis rit légèrement.) Il nous a raconté une histoire ce soir. Comme elle était rigolote ! (avec de l’exubérance et des gestes exagérés) Il portait une robe, Nathaniel ! Une robe pour échapper aux méchants. Tu peux imaginer ? (Francis rit de nouveau et sort du lit. Il parle à Nathaniel, qui reste sur le lit, mais il est face au public.) Il s’est habillé comme une femme pour entrer dans son navire, parce que les méchants le cherchaient partout. Et sinon, il aurait été pris et jeté en prison. C’était en France, tu vois. Parce que le roi là-bas ne voulait pas qu’il parte pour venir ici. Ah oui, parce qu’il est français, le marquis. (Il se tourne vers Nathaniel.) Comme nous, mais … (une courte pause) … mais pas exactement comme nous, parce qu’il parle d’une façon bizarre. Je ne sais pas, peut-être c’est comme ça que les gens parlent en France. Qu’est-ce tu en penses, Nathaniel ?

NATHANIEL (sourit et fait un gloussement léger). Je l’ignore, mon frère.

FRANCIS (monte sur le lit et regarde Nathaniel, qui l’écoute attentivement). Il est parti de France et a traversé tout le large océan pendant des semaines et des semaines, il nous a dit. Ce n’était pas facile : il y avait des navires qui le chassaient — des navires brit’niques. Parce que, tu vois, ni le roi en France ni le roi d’Angleterre veulent qu’il soit en Amérique. (une courte pause) Je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais il est plutôt important, tu vois. Alors, il est enfin arrivé ici, mais dans une barque. Les navires brit’niques l’avaient chassé jusqu’à la côte, tu vois, donc il a débarqué dans la nuit, et il est arrivé sur la plage tout seul. Mais son navire plein de mélasse est allé à Georgetown et c’est tout ce que les brit’niques ont trouvé là-bas : de la mélasse. (Il rit et Nathaniel glousse.) Je le croyais plus âgé. Je veux dire, s’il est si important que DEUX rois sont fâchés contre lui, il aurait dû être vieux comme Papa, tu vois ? Mais, en fait, il est jeune … vraiment jeune … jeune comme toi. (Francis arrête de parler brusquement et regarde par les fenêtres. Une pause.) Je suis désolé, Nathaniel. Je voulais t’aider … je voulais … (Il commence à pleurer légèrement.) J’aurais dû … je …

NATHANIEL. Chut, chut. Ne pleure pas, Francis. Ce n’était pas de ta faute. J’ai pris ma décision. Je suis allé de mon plein gré. Je savais ce qui pourrait se passer, mais c’était le moment pour moi de faire mon devoir.

FRANCIS (regarde Nathaniel de nouveau). Mais, je voulais aller pour te protéger. Si j’avais été là …

NATHANIEL. Ce n’était pas le moment, Francis. Mais le moment arrivera. Le moment arrive toujours. Tu le sauras quand il arrive.

(Nathaniel se lève, commence à reculer lentement.)

FRANCIS. N’y va pas, Nathaniel. S’il te plaît. N’y va pas.

(Nathaniel sourit doucement, continue à reculer. Les lumières baissent.)

NATHANIEL. Il est l’heure, Francis. Je dois y aller.

(Les lumières s’éteignent. Le cierge sur le chevet et
le clair de lune 
par les fenêtres fournissent la seule lumière.)

FRANCIS. Je le sais, mon frère … et tu ne reviens pas … plus jamais.

(Le cierge s’éteint brusquement.)

(Lire la suite.)

© 2013 Samuel Michael Bell, all rights reserved, tous droits réservés

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