Act One, Scene 7

© Esther Branderhorst

Boone Hall Plantation, Mount Pleasant, South Carolina
© Esther Branderhorst

This is the seventh scene of my play, A Sword Unsheathed, originally written in French and translated into English for publication on the blog. If you haven’t yet read the first scene, you can find it here. You can find all the scenes published so far on this page. The original French version of this scene is found at the end of the post. (Read in French.) Please read the historical note here.

Voici la septième scène de ma pièce, Un sabre dégainé, écrite à l’origine en français et traduite en anglais pour publication sur ce blog. Si vous n’avez pas encore lu la première scène, vous pouvez la trouver ici. Vous pouvez trouver toutes les scènes déjà publiées sur cette page. La version originale en français de cette scène se trouve à la fin de l’article. (Lire en français.) Veuillez lire ici la note historique.

SCENE 7
(Read the previous scene.)

The Characters

BENJAMIN HUGER, plantation owner, about 35 years old
FRANCIS HUGER, his son, about 7 years old
ROBERT, a slave
GILBERT DU MOTIER, the Marquis de Lafayette, about 19 years old

The entry hall of the house, same set as scene 3, two weeks later at dusk. Benjamin is seated at his desk. Gilbert is seated in a chair across from him. The sword in its scabbard, still attached to the blue silk sash, is lying on the desk. The two are talking and smoking their pipes. 

BENJAMIN: So, Alexander will accompany you to Charleston. There’s a ship in port there — The Perseverance — that leaves for Philadelphia Wednesday morning. You’ll stay at the Johnstons’ inn Tuesday night. When you arrive, ask for Mister Towson, one of the guests. He has all the papers required for your journey.

GILBERT: I’m grateful to you, Benjamin. Your hospitality will never be forgotten.

BENJAMIN: You’re very welcome, Gilbert. As you’ve said before, this is our enterprise. I’m only doing my part. (a short pause) By the way, you should remain vigilant until you embark. We’ve recently received reports of British patrols in this area. I fear they won’t give up their chase anytime soon.

GILBERT: I’m not at all surprised. Given their agents’ efforts in Bordeaux before my departure, I expect a patrol in my wake until I arrive in Philadelphia.

BENJAMIN: Your meeting is with Mister Adams, is it not?

GILBERT: Yes. That’s why I dare not tarry long. I must be in Philadelphia before Congress recesses in August, before he goes home to Boston.

BENJAMIN: And after you have your commission, you’ll join General Washington?

GILBERT: Precisely. His troops will be encamped in Bucks County, not far from Philadelphia. I hope to leave right away on campaign. I’m anxious to prove my value for your cause. (a long pause) And you, Benjamin? What will you do this summer? 

BENJAMIN: Me? I’ll carry on as usual. The rice harvest will be in August. The cotton in the north field is growing well. Since it’s hot and not too wet for the moment, I expect a good crop in several months.

GILBERT: And Charleston?

BENJAMIN: I’ll leave in the fall just before the cotton harvest. The state assembly will convene in mid-September.

GILBERT: I’d like to see the cotton fields in September. A beautiful sight, are they not?

ROBERT (agitated, enters stage left): Master, there’s a squad of redcoats at the end of the lane!

(Gilbert and Benjamin stand up quickly.
Gilbert watches Benjamin intently.
)

BENJAMIN: Gilbert, you have to leave right away. (After a short pause, he continues in a calm and orderly fashion.) Go with Robert to the stable. Take the palomino. He’s small but strong and very quick. (looking at Robert) Take the Marquis to the Ravenels … through the fields on the north side. (looking again at Gilbert) Thomas Ravenel is a friend … sympathetic to the cause, but discreet. He won’t be suspected. You’ll be safe with him.

FRANCIS (enters stage left, running): Papa! Papa! What’s happening? I saw soldiers coming up the lane.

BENJAMIN: Francis, don’t worry. Some British soldiers are coming, but it’s fine. (Francis is visibly shaken.) Find Alice and go to her bedroom upstairs. (He goes to Francis and kneels, takes him by the arms.) Listen to me well. We knew that this day could come, right? (Francis nods.) But remember well: we have done nothing wrong. We are loyal subjects of the king, here. Right? (Francis nods again.) And the Marquis was never here. Understood?

FRANCIS: Yes, Papa.

(Francis looks to Gilbert with fear.
Robert goes to the window and looks around.
)

GILBERT (approaches Benjamin and Francis): I’m not here, Francis. I was never here. Right?

FRANCIS (nods): Yes, I understand.

ROBERT (turns to face the others): Master … sir … excuse me, but they’re almost here.

BENJAMIN (stands up and takes Gilbert by the arms):  Gilbert, Robert is going to take you to the Ravenels, and we’ll come get you there as soon as we can. Goodbye, my friend.

(The two embrace.)

GILBERT: I thank you again, Benjamin, for everything. (He kneels in front of Francis.) Listen well to your father, Francis. Remember who you are, and remember our great enterprise.

FRANCIS: I will. I promise. 

GILBERT (stands up): So, I will take my leave. Courage, my friends. Adieu! (Il hurries offstage with Robert, stage left.)

BENJAMIN: Go find Alice and go upstairs. (He looks out the window.) They’re here. Hurry up!  

(Francis bounds up the stairs. Benjamin pauses and opens the doors.)

(Continue to the next scene.)

*     *     *

SCÈNE 7
(Lire la scène précédente.)

Les Personnages

BENJAMIN HUGER, propriétaire d’une plantation, âgé d’environ 35 ans
FRANCIS HUGER, son fils, âgé d’environ 7 years old
ROBERT, un esclave
GILBERT DU MOTIER, le Marquis de Lafayette, âgé d’environ 19 ans

Le foyer de la maison, deux semaines après au crépuscule. Benjamin est assis à son bureau. Gilbert est assis sur un fauteuil en face. Le sabre dans son fourreau, toujours attaché à la ceinture en soie bleue, est posé sur le bureau. Les deux fument leurs pipes en parlant.

BENJAMIN. Alors, Alexander vous accompagnera jusqu’à Charleston. Il y a un navire — le Persévérance  — qui est au port et qui part pour Philadelphie mercredi matin. Vous serez accueilli à l’auberge des Johnston mardi soir. Lors de votre arrivée, demandez Monsieur Towson, un des résidents. Il a tous les papiers requis pour votre embarquement.

GILBERT. Je vous suis bien reconnaissant, Benjamin. Votre hospitalité ne sera jamais oubliée.

BENJAMIN. Je vous en prie, Gilbert. Comme vous avez dit, c’est notre entreprise. Je ne fais que ma part. Une courte pause. D’ailleurs, vous devrez rester vigilant jusqu’à votre embarquement. On a récemment reçu des rapports de patrouilles britanniques dans cette région. Je crains qu’ils n’arrêtent pas si tôt leur pourchasse.

GILBERT. Je ne suis pas du tout surpris. Vu les efforts de leurs agents à Bordeaux avant mon départ, je m’attends à ce qu’il y ait une patrouille à mes trousses jusqu’à mon arrivée à Philadelphie.

BENJAMIN. C’est avec Monsieur Adams que vous aurez votre rendez vous, n’est-ce pas ?

GILBERT. Oui. C’est pourquoi je n’ose tarder trop longtemps. Je dois être à Philadelphia avant les congés du Congrès en août, lorsqu’il rentrera à Boston.

BENJAMIN. Et après avoir reçu votre commission, vous rejoindrez le Général Washington ?

GILBERT. Exact. Ses troupes camperont à Bucks County, pas loin de Philadelphie. J’espère que l’on partira tout de suite en campagne. J’ai hâte de faire preuve de mes capacités pour votre cause. (une longue pause) Et vous, Benjamin ? Qu’est-ce que vous ferez cet été ?

BENJAMIN. Moi ? Je continue comme d’habitude. La moisson du riz aura lieu en août. Le coton dans les champs au nord pousse bien. Comme il fait chaud et pas trop humide actuellement, j’attends une bonne récolte dans quelques mois.

GILBERT. Et Charleston ?

BENJAMIN. Je partirai en automne avant la récolte du coton. L’assemblée de l’état se réunit mi-septembre.

GILBERT: J’aimerais bien voir les champs de coton en septembre. Une belle vue, n’est-ce pas ?

ROBERT (agité, entre des coulisses à cour) . Maître, y a un escadron de manteaux rouges au bout de l’allée.

(Gilbert et Benjamin se mettent debout subitement,
Gilbert regarde Benjamin fixement.
)

BENJAMIN. Gilbert, il faut que vous partiez tout de suite. (Une courte pause. Il continue d’une manière calme, très ordonnée.) Allez avec Robert à l’écurie. Prenez le palomino. Il est petit mais fort et très rapide. (Il regarde Robert.) Guide monsieur le Marquis chez les Ravenel … par les champs du côté nord. (Il regarde Gilbert de nouveau.) Thomas Ravenel est un ami … sympathisant de notre cause, mais discret. Il ne sera pas soupçonné. Vous serez en sécurité chez lui.

FRANCIS (arrive de cour en courant). Papa ! Papa ! Qu’est-ce qui se passe ? J’ai vu des soldats approchant par l’allée.

BENJAMIN. Francis, ne t’inquiète pas. Des soldats britanniques arrivent, mais ça ira. (Francis est visiblement troublé.) Cherche Alice et mettez-vous dans sa chambre à l’étage. (Benjamin s’approche de Francis et se met à genoux. Il prend Francis par les bras.) Écoute-moi bien. Nous savions que ce jour pourrait arriver, n’est-ce pas ? (Francis hoche la tête.) Mais souviens-toi bien : nous n’avons fait rien de mal. Nous sommes ici des sujets loyaux du Roi. N’est-ce pas ? (Francis hoche la tête encore une fois.) Et le Marquis n’est jamais venu ici. Entendu ?

FRANCIS. Oui, Papa.

(Francis regarde Gilbert avec peur.
Robert va à la fenêtre, regarde les alentours.
)

GILBERT (s’approche de Benjamin et Francis). Je ne suis pas ici, Francis. Je ne suis jamais venu ici. D’accord ?

FRANCIS (hoche la tête). Oui, je comprends.

ROBERT (se tourne vers les autres). Maître … monsieur … je m’excuse, mais ils sont presque arrivés …

BENJAMIN (se lève, prend Gilbert par ses bras). Gilbert, Robert va vous mener chez les Ravenel, et nous viendrons vous chercher là-bas aussi tôt que possible. Alors, adieu mon ami.

(Les deux s’embrassent.)

GILBERT. Je vous remercie encore une fois, Benjamin, pour tout. (Il se met à genoux devant Francis.) Écoute bien ton père, Francis. Souviens-toi de qui tu es, et souviens-toi de notre grande entreprise.

FRANCIS. Je le ferai. Je te le promets.

GILBERT (se met debout). Je vous salue. Courage, mes amis. Adieu ! (Il se dépêche à cour avec Robert.)

BENJAMIN. Va chercher Alice, Francis. Mettez-vous à l’étage. (Il regarde par la fenêtre.) Ils arrivent. Dépêche-toi !

(Francis monte l’escalier tout en vitesse.
Benjamin fait une courte pause, ouvre les portes.
)


(Lire la suite.)

© 2013 Samuel Michael Bell, all rights reserved, tous droits réservés

 

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