Act Two, Scene 3

Screen Shot 2013-06-14 at 1.00.23 PM

This is the third scene of the second act of my play, A Sword Unsheathed, originally written in French and translated into English for publication on the blog. If you haven’t yet read the first scene, you can find it here. You can find all the scenes published so far on this page. The original French version of this scene is found at the end of the post. (Read in French.) Please read the historical note here.

Voici la troisième scène du second acte de ma pièce, Un sabre dégainé, écrite à l’origine en français et traduite en anglais pour publication sur ce blog. Si vous n’avez pas encore lu la première scène, vous pouvez la trouver ici. Vous pouvez trouver toutes les scènes déjà publiées sur cette page. La version originale en français de cette scène se trouve à la fin de l’article. (Lire en français.) Veuillez lire ici la note historique.

SCENE 3
(Read the previous scene.)

The Characters

FRANCIS HUGER, now about 24 years old
NATHANIEL HUGER, his brother

The austere bed chamber from the previous scene. A lighted candlestick is on the nightstand beside the bed. The saber in its scabbard, still attached to the blue silk sash, lies on on the desk. Francis is sleeping. A soft, golden light illuminates the bed.

NATHANIEL (whispers from offstage, stage right): Francis … Francis …

(Francis stirs, mumbles softly.)

NATHANIEL (enters stage right, illuminated by a cool, blue light): Francis … little brother …

FRANCIS (awakens, sits up in bed, rubs his eyes): Nathaniel ?

NATHANIEL: Yes, little brother. It’s me.

FRANCIS (smiles a bit): I was waiting for you, Nathaniel. I knew you’d come.

NATHANIEL (stopping center stage): And here I am.

FRANCIS: It’s good to see you after all this time.

NATHANIEL: Same here, Francis.

(a short pause)

FRANCIS (gets up, moves towards Nathaniel): I feel alone, Nathaniel … ever since Papa … since you. (He turns towards the windows and is silent for a while.)

NATHANIEL: But you had Alice … and the others.

FRANCIS (turns back towards Nathaniel, looking as if he has suddenly awakened from a dream): Yes, yes. (nodding) Of course. But it wasn’t the same. (a short pause) I always think back to that day when we heard the news. I couldn’t believe that our father had left us … and so soon after you. What could I do? A little boy of eight years old?

NATHANIEL: You had your books. You studied. You made your way through it, brother.

FRANCIS. But I wanted revenge for Papa and for you. I had so much hate in my heart for the British.

NATHANIEL. But you were too young, Francis. And as for me, in truth, I’m thankful for that.

FRANCIS. That I was spared? (He sighs.) Yes. That’s so. You’re right, Nathaniel. I was spared all that horror. (He turns back towards the window, looking into the distance.)

NATHANIEL (approaching him): And now, you’re a doctor.

FRANCIS (looking at Nathaniel, chuckling): Almost.

NATHANIEL: Almost. And that to that, you’re ready. (a short pause) And Papa is proud.

FRANCIS (suddenly turns towards Nathaniel): He’s proud? Papa?

NATHANIEL: Yes, of course. He’s proud.

(Francis sits on the bed. Nathaniel joins him.
A short pause.
)

FRANCIS: Tomorrow’s the day, Nathaniel. That’s why you’ve come. I know it.

(Nathaniel remains silent.)

FRANCIS (looks at the ground as he speaks, Nathaniel watching him): We’re going to free Gilbert … our friend. (a short pause) I can still remember that evening when he came to the house. I was waiting for him with such impatience. (He chuckles, shaking his head.) And I told Papa that I’d never seen a king! I was so little. (a short pause) He really impressed me, Nathaniel, during those couple of weeks that summer. A marquis at twenty years old, a young revolutionary, an adventurer who had crossed an ocean to fight for a country that wasn’t even his own. What a man! (looking at Nathaniel after a short pause) He was really nice to me, Nathaniel. He understood that emptiness that came when I lost you, brother. (looking again at the floor) He spent time with me. We even went fishing down at the creek. (looking at Nathaniel) You remember? The creek? The shrimp and the crabs? We went looking for them down there all the time back then. (looking again at the floor, a long pause) And then he had to leave. And I became a little revolutionary in his place! (He laughs.) That recklessness evidently wasn’t reserved to you two.

(Nathaniel smiles but remains silent.
Francis continues.
)

He’s a hero of two revolutions, Nathaniel. But all that’s gone badly these last few years in France. You know about all that?

NATHANIEL (nods): Yes, Francis. What you know … I know.

Francis nods, stand up, goes to the desk. He picks up the saber, removes it a bit from the scabbard, watches the blade shimmer in the light. After a few moments, he sheathes it and places it gently on the desk. A short pause. He looks again at Nathaniel, keeping his hand on the saber.

FRANCIS: I’ll carry it tomorrow, you know. I’ll carry it with honor … like Papa … like you.

NATHANIEL (stands up and approaches Francis): Your moment has come, brother.

FRANCIS: Yes. It’s finally come.

NATHANIEL (starts to back away slowly): Papa is proud of you. I’m proud of you. Gilbert is proud of you.

FRANCIS: I don’t want you to go, Nathaniel.

(Nathaniel smiles gently, continues backing away.
The lights begin to dim.
)

FRANCIS: But it’s time, brother. You have to go. (a short pause) And you aren’t coming back.

(The lights go out.)

(Continue to the next scene.)

* * *

SCÈNE 3
(Lire la scène précédente.)

Les Personnages

FRANCIS HUGER, âgé d’environ 24 ans
NATHANIEL, son frère

La chambre austère de Francis de la scène précédente. Un cierge est allumé sur un chevet à côté du lit. Le sabre dans son fourreau, toujours attaché à la ceinture en soie bleue, est posé sur le bureau. Francis dort. Le lit est éclairé d’une lumière douce et dorée.

NATHANIEL (chuchote dans les coulisses à gauche). Francis … Francis …

(Francis s’agite, gémit légèrement.)

NATHANIEL (entre de jardin, éclairé d’une lumière bleue et froide). Francis … frérot …

FRANCIS (se réveille, s’assoit dans le lit, se frotte les yeux). Nathaniel ?

NATHANIEL. Oui, petit frère. C’est moi.

FRANCIS (sourit un peu). Je t’attendais, Nathaniel. Je savais que tu viendrais.

NATHANIEL (s’arrête au centre de la scène). Et me voilà.

FRANCIS. C’est bon de te revoir après tout ce temps.

NATHANIEL. De même, Francis.

(une courte pause)

FRANCIS (se lève, avance vers Nathaniel). Je me sens seul, Nathaniel … depuis Papa … depuis toi. (Il se tourne vers les fenêtres. Il est silencieux pendant un moment.)

NATHANIEL. Mais tu avais Alice … et les autres.

FRANCIS (se tourne de nouveau vers Nathanielavec un air comme s’il était subitement réveillé d’un rêve). Oui, oui. (Il hoche la tête.) Bien sûr. Mais ce n’était pas pareil. (une courte pause) Je me souviens toujours de ce jour-là, où nous avons entendu les nouvelles. Je ne pouvais croire que notre père nous avait quittés … et si tôt après toi. Que faire ? Un petit garçon de huit ans ?

NATHANIEL. Tu avais tes livres. Tu as fait tes études. Tu as réussi à t’en sortir, mon frère.

FRANCIS. Mais je voulais me venger pour Papa et pour toi. J’avais tant de rancune dans mon cœur contre ces Britanniques-là.

NATHANIEL. Mais tu étais encore trop jeune, Francis. Et moi, en vérité, j’en suis reconnaissant.

FRANCIS. J’ai été épargné, c’est ça? (Il soupire.) Oui, effectivement. Tu as raison, Nathaniel. J’ai été épargné de cette horreur. (Il se retourne de nouveau vers les fenêtres en regardant au loin.)

NATHANIEL (s’approche de Francis). Et maintenant, tu es médecin.

FRANCIS (regarde Nathaniel, glousse). Presque.

NATHANIEL. Presque. Et ainsi, tu es prêt. (un petite pause) Et Papa est fier.

FRANCIS (se tourne subitement vers Nathaniel). Il est fier? Papa?

NATHANIEL. Oui, bien sûr. Il est fier.

(Francis s’assoit sur le lit. Nathaniel le rejoint.
Une courte pause.)

FRANCIS. Demain est le jour, Nathaniel. C’est pourquoi tu es venu. Je le sais.

(Nathaniel reste silencieux.)

FRANCIS (regarde le sol en parlant, Nathaniel le regarde). Nous allons libérer Gilbert … notre ami. Je peux me souvenir de ce soir-là où il est arrivé chez nous. Je l’attendais avec tant d’impatience. (Il glousse, secoue la tête.) Et j’ai dit à Papa que je n’avais jamais vu un roi! J’étais si petit. (une courte pause) Il m’avait vraiment impressionné, Nathaniel, pendant ces quelques semaines cet été. Un marquis de vingt ans, un jeune révolutionnaire, un impétueux qui avait traversé l’océan afin de se battre pour un pays qui n’était même pas le sien. Quel homme ! (regardant Nathaniel après une courte pause) Et il était vraiment gentil avec moi, Nathaniel. Il comprenait ce vide qui s’était créé quand je t’ai perdu, mon frère. (regardant le sol de nouveau) Il passait le temps avec moi. Nous avons même fait de la pêche dans la crique. (Il regarde Nathaniel.) Tu t’en souviens ? De la crique ? Des crevettes et des crabes ? Nous en cherchions tout le temps à l’époque. (regarde de nouveau par terre, une pause, Nathaniel reste silencieux) Et puis il a dû partir. Et moi, je suis devenu un petit révolutionnaire à sa place ! (Il rit.) L’impétuosité n’était évidemment réservée qu’à vous deux.

(Nathaniel reste silencieux, en souriant.
Francis continue.)

C’est un héros de deux révolutions, Nathaniel. Mais comme tout ça est mal tombé ces dernières années en France ! Est-ce que tu le sais ? Tout ça ?

NATHANIEL (hoche la tête) Oui, Francis. Ce que tu sais … je le sais.

Francis hoche la tête, se lève, s’approche du bureau. Il prend le sabre, le retire un peu de son fourreau, regarde la lame qui scintille dans la lumière. Après quelques secondes, il le rentre dans le fourreau et le pose doucement sur le bureau. Une petite pause. Il regardeNathanielde nouveau, en gardant la main sur le sabre.

FRANCIS. Je le porterai demain, tu sais. Je le porterai avec tout honneur … comme Papa … comme toi.

NATHANIEL (se met debout, s’approche de Francis). Ton moment est arrivé, mon frère.

FRANCIS. Oui. Enfin. Il est arrivé.

NATHANIEL (commence à reculer lentement). Papa est fier de toi. Je suis fier de toi. Gilbert est fier de toi.

FRANCIS. Je ne veux pas que tu t’en ailles, Nathaniel.

(Nathaniel sourit doucement, continue à reculer.
Les lumières baissent.
)

FRANCIS (continue). Mais, il est l’heure, mon frère. Tu dois y aller. (une petite pause) Et tu ne reviens pas.

(Les lumières s’éteignent.)

(Lire la suite.)

© 2013 Samuel Michael Bell, all rights reserved, tous droits réservés

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